lundi 13 juin 2011

Do you have favorite characters? (pragmatic brioche)

Vous demandez-vous, à mesure que vous avancez, si ce que vous avez écrit est à la hauteur ou pas?
Qu'est-ce qui, pour vous, serait vraiment difficile à écrire?
C'est quoi pour vous une bonne journée d'écriture? Combien d'heures, combien de pages?
Quelle importance a l'ego, la confiance en soi?
Vous aimez bien plaisanter n'est-ce pas?
Avez-vous une méthode particulière pour nommer vos personnages?
Avez-vous un jour été tenté par d'autres formes d'art?
Quelles sont vos petites bizarreries personnelles?
Vous lisez beaucoup?
Avez-vous jamais apprécié le travail de Gertrude Stein?
Comment vous entendez-vous avec les autres écrivains?
Pourquoi avez-vous changé votre nom?
Démarrez-vous avec l'idée de dire quelque chose sur la moralité?
Est-ce que votre mari lit et commente vos oeuvres avant leur publication?
Qu'avez-vous appris de Joyce?
Connaissez-vous d'autres écrivains?
Quel genre d'enfant étiez-vous?
Ces questions, prélevées au hasard des pages, ont été posées par les journalistes de la Paris Review à Jack Kerouac, Vladimir Nabokov, Truman Capote, William Faulkner ou Marguerite Yourcenar, entre autres. Les jolies éditions Bourgois permettent, en deux volumes aux couleurs chics, de découvrir une sélection de ces entretiens qui dessinent en creux des portraits d'écrivains familiers. Pudiques ou tempétueux, réservés, ironiques ou arrogants, ils suscitent une certaine tendresse ou une douce colère, parce que je ne peux qu'être touchée par leur abnégation à tous, leur ferveur commune pour l'écriture et leurs processus personnels pour y accèder. J'emmène mes exemplaires partout avec moi, j'aime en lire ne serait-ce que quelques lignes dans le bus n°3 de 18h34, devant la tasse de thé brûlant que j'avale en douce avant une nouvelle consultation, au cinéma en attendant G. dans la file d'attente, devant le four en surveillant la cuisson des petits clafoutis aux cerises.
Des livres à remettre entre toutes les mains qui rêvent d'appartenir à un écrivain.
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Pendant une semaine, marathon Kubrick.
J'ai adoré observer le public des différentes séances, bien en adéquation avec les silhouttes croisées il y a quelques mois dans les couloirs de la Cinémathèque lors de l'exposition décevante qui lui avait été consacrée (j'avais quand même beaucoup aimé les photos de tournage, notamment sur celui de Lolita). Il y a toujours les garçons à lunettes carrées archi-fans qui connaissent toutes les anecdotes sur la conception des films. Ils sont intarissables sur les obssesions de Kubrick, les écarts qu'il a faits par rapport au roman dont il s'est inspiré, les brouilles avec les acteurs et surtout, me dit-on, le matériel technique utilisé. Il y avait plein de garçons comme ça pour la séance de Shining, et ne parlons pas de 2001 (il se trouve que tous les garçons dont j'ai été proche exprimaient le désir impératif de me montrer 2001 et ma réaction, terriblement honteuse mais absolument inmaîtrisable, a toujours été la même, à savoir un certain ennui qui entraînait un sommeil systématique. Seul G. a vaincu cette malédiction et j'étais ravie de voir pour la première fois après au moins quatre tentatives, 2001 dans son intégralité).
Après Shining (mon préféré!), nous sommes partis en quête d'Oreo (on en aperçoit une boîte dans la réserve de la cuisine de l'hôtel) grignotés avec un verre de lait bien frais; après Barry Lindon, nous avons partagé la belle assiette d'oeufs brouillés de G. avant de ressortir boire une limonade en terrasse; après Full Metal Jacket nous avons déploré le fait que les frites qui accompagnaient un cheeseburger au pesto n'étaient même pas maison, après Eyes Wide Shut, nous avons apprécié le fait qu'il reste des scones au cheddar; après 2001 nous avons admiré avant de les dévorer un millefeuille aux fraises et une mousse fraise-basilic-citron.
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La semaine dernière, dans la boîte aux lettres, il y avait une enveloppe couleur galet, une écriture rose que je ne connaissais pas, des nouvelles réjouissantes, le souvenir d'une rencontre. J'avais découvert Bis Morgen au hasard d'une promenade rue des Quatre-Vents, j'avais ensuite constaté avec tristesse sa disparition et je suis ravie de vous annoncer que vous pouvez retrouver la délicatesse et l'exigeance de la boutique sur le nouvel e-shop. Je trouve les broches fleurs en patchwork vraiment charmantes...
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Une autre excellente nouvelle, c'est qu'il est possible de faire une brioche en cinq minutes, c'est-à-dire finalement moins de temps qu'il ne faut pour aller à la boulangerie. Grâce à Fanny et Estelle, dont les blogs sont pour moi des références absolues depuis des années, j'ai appris qu'un séduisant parfum de brioche tiède pouvait envahir la cuisine au petit matin, ce sans grand effort et avec pour seuls ustensiles un saladier, un balance et une cuillère en bois.
Comme l'a fait remarquer G., on n'obtient pas vraiment une brioche à la mie filante (pour ce résultat, je me plie avec plaisir à la recette du chinois de Loukoum°°°, inratable et addictive) mais plutôt une sorte de pain brioché qui a donc l'avantage de se prêter aux caprices autant sucrés que salés. J'avoue quand même en avoir investi plusieurs tranches sous le binôme beurre salé-gelée de mûres maison...
En plus, l'aspect super pratique de la chose, c'est que la pâte se conserve cinq jours au réfrigérateur, on peut donc la faire cuire en deux fois, et profiter d'une mie tendre et accueillante le week end et avant de partir au travail, en semaine. J'adore ces aménagements du quotidien qui le rendent plus doux!


Pour deux brioches en cinq minutes
-175g de beurre fondu et refroidi
-175mL d'eau tiède (vous pouvez compter jusqu'à dix sans vous brûlez quand vous y plongez votre petit doigt, c'est une technique de Keda Black)
-10g de sel
-4 oeufs + 1 oeuf battu pour la dorure
-85g de miel
-500g de farine
-7,5g de levure de boulanger

Tamiser la farine dans un grand saladier.
Diluer la levure dans l'eau tiède.
Faire un puits au sein de la farine et y verser tous les ingrédients.
Mélanger avec une cuillère en bois jusqu'à obtenir une pâte lisse et homogène, qui se détache bien des parois même si elle est un peu liquide.
Recouvrir d'un torchon et laisser lever deux heures à température ambiante avant d'entreposer au réfrigérateur entre 24heures et 5 jours.
Le jour de la cuisson, sur un plan de travail fariné, séparer la pâte en deux morceaux de taille égale. Rediviser chaque morceau en trois (ou garder l'une des moitié pour une prochaine cuisson).
Travailler chaque petit morceau pour en façonner une boule homogène, placer les trois boules dans un moule à cake chemisé de papier sulfurisé et laisser lever une heure à température ambiante.
Faire cuire 35 minutes dans un four préchauffé à 190°.

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