lundi 9 avril 2012

Ce qui se raconte mal (et ce que j'aime à Rennes)

Dans le froid tremblant des pâles matins de printemps, j'ai sacrifié presque sans grimace quelques minutes de sommeil en faveur des légumes frais et tendres du petit marché du mercredi matin.
Dans les sacs en papier brun, je glisse les fines carottes, les asperges violet-vert, les radis roses tout pimpants et parce que le temps se prête encore aux bols de soupe fumants, je demande aussi un quartier de courge musquée. Puis il est déjà l'heure de prendre le métro pour des occupations plus sérieuses et je ferme les yeux dans un parfum de ciboulette.
Mon bonheur microscopique et immense à la fois (une amie dirait le sel de la vie) fut condensé ce jour-là dans cette suite d'évènements:
.je sors du travail vraiment plus tôt que d'habitude et je suis toute étonnée de rencontrer une lumière si vive sur mon chemin
.la fenêtre de mon bureau grande ouverte, je savoure la saveur à la fois sucrée, acidulée et un peu amère d'un jus de pamplemousse fraîchement pressé, encore meilleur siroté à la paille (rose)
.dans l'une de mes tasses préférées, je respire l'arôme délicat du thé vert au jasmin offert par G. un jour où je recherchais vainement un manteau neuf dans les rues parisiennes
.sur une tartine de pain Cozic tout frais à l'étonnant parfum de lait et de crème, je tartine du beurre demi-sel et de la confiture de mûres de Quiberon.
A cette occasion, je me rappelle vaguement quelques vacances anciennes sur la presqu'île, le sucre des niniches sur les doigts, la file d'attente devant l'Igloo où je choisissais invariablement une boule coco-pépites de chocolat, le kouign amann qu'on réchauffait au dîner, les caramels Le Roux que mes grands-parents adoraient. Le souvenir travestit la réalité car je sais que je n'aimais pas vraiment ces journées familiales et trop ensoleillées
.mon moment préféré ne tient vraiment à rien puisqu'il consiste en la joie simple d'éplucher les belles carottes du marché et de les préparer à leur avantage pour tenir compagnie à du poisson très frais tout en écoutant avec fascination et tendresse Valérie Mréjen chez Laure Adler.
Je peux vous dire que j'étais déjà très émue quand elle a raconté quel arrachement ce fut de s'extraire de l'idéal fomenté par ses parents (une fille en tailleur qui aurait embrassé une carrière dans le droit ou le commerce) pour pouvoir s'engager dans une voie plus artistique, mais quand ils ont passé un extrait de La maman et la putain puis un autre de Jeanne Dielman dont Valérie Mréjen commente le bruit des pommes de terre qu'on épluche, j'avais le coeur qui battait fort.
Un peu comme ce soir-là, au comptoir de l'Arsouille, quand Chris a apporté le ceviche de daurade frais et pétillant et le consommé de coques et calamars au lait de coco, léger et doux.
Au-dessus des verres de vin, j'ai demandé à G. Qu'est-ce qu'on fête? Il a répondu La vie.
Le bonheur se raconte mal, Truffaut le dit si bien.

Alors, rien d'autre à ajouter, si ce n'est la liste que quelques lecteurs recherchent désespérément en parcourant ces pages mal organisées, quêtant les bonnes adresses rennaises.
Voici, enfin, la liste exhaustive et forcément subjective de celles que j'aime.

Les librairies
Le chercheur d'art,
1 rue Hoche
Une installation d'art contemporain à elle seule au rez-de-chaussée d'un superbe immeuble 1900.
Archi fréquentée par les étudiants en architecture (dont cette fille qui a la même cape et les mêmes ballerines rouges que les miennes), ceux des beaux-arts et les types barbus avec une barbe de trois mille jours.
Des livres du sol au plafond sur chaque centimètre de mur; je suis toujours très absorbée par les rayons photographie, cinéma et design.
Parfois, on peut descendre un mystérieux escalier pour jeter un oeil à l'exposition du sous-sol.

La librairie Greenwich, 3 rue Jean Jaurès
Pendant longtemps, nous avons habité juste à côté et je ne compte pas le nombre de fois où je descendais me chercher un roman juste avant qu'ils ne ferment.
Hervé et Isabelle proposent une belle sélection de littérature traduite dans un lieu épuré et apaisant. J'aime les sacs en papier blanc dans lesquels ils glissent les livres, j'aime les plantes grimpantes, j'aime le rayon de littérature britannique et japonais. J'ai une certaine affection pour cette librairie où nous aimions nous donner rendez-vous...

Alphagraph, 5 rue d'Echange
On a toujours dit On va chez Jérôme? pour dire On va à Alphagraph? Jérôme, derrière son comptoir, propose dans un désordre organisé les biographies de groupes culte et des livres politiques mais surtout des bandes dessinées différentes, décalées, parfois exigentes, parfois très crues, en tout cas toujours singulières.
Les arts graphiques sont à l'honneur, les micro publications aussi, c'est l'occasion de dénicher la perle parfaite à offrir à un ami particulier. C'est là que vous trouverez les petits livres d'Isabelle Boinot ou les histoires délicates de Joanna Hellgren J'ai toujours trouvé qu'acheter un livre chez Jérôme, c'était soutenir de très près une certaine forme d'engagement.
(bon, je ne vous en voudrai pas si vous achetez une bd à Critic, 19 rue Hoche ou à M'enfin, 13 rue Victor Hugo mais chez Jérôme, c'est différent!)

Ariane, 20 rue du Capitaine Alfred Dreyfus
Le passage indispensable quand un voyage se prépare!
Tous les guides possibles et imaginables, tous les Moleskine nécessaires, toutes les cartes, les plans, les beaux livres pour rêver et même les accessoires pour les voyages de haute voltige (matériel de bivouac, boussoles...) Un très large choix aussi de guides de randonnées et des libraires vraiment charmants, disponibles et compétents.
Mon unique et seul micro reproche est qu'ils n'ont pas les guides Phaidon...

Les plus jolies terrasses
Le vieux Saint Etienne, 43 rue de Dinan
A l'écart de l'agitation de la ville, sous les grands arbres, face à l'église, ouvert le dimanche, j'adore cet endroit très doux les nuits d'été.

Le Progrès, 7 rue de la Chalotais
En fin d'après-midi, le soleil descend pile sur la place de la Parcheminerie et j'aime l'ambiance très populaire de ce café.

Le Oan's Pub, 1 rue Georges Dottin
Elle est tellement jolie cette rue pavée qui descend depuis la rue du Chapitre et ses immeubles à colombages...
En plus, il y a vue sur l'église, c'est charmant. Et nettement plus sympathique que la terrasse d'en face, celle du Café du Port où je vous préviens, on mange très mal.

Le café du parc du Thabor
Après une promenade dans les allées fleuries où vous risquez de croiser à chaque instant une mariée avançant à pas malaisés avec sa traîne dans la main et son photographe, après une exposition à l'Orangerie, il n'est pas déplaisant de boire une limonade en ayant l'impression d'avoir régénéré ses poumons.

Les autres endroits où boire un verre
Le Nabuchodonosor, 12 rue Hoche
L'endroit a un peu perdu de son charme depuis le changement de propriétaire qui a marqué l'apparition d'une peinture orange sur la devanture et la disparition du gatô-ô-chôcôlô, des planches cochonnes et coin-coin et de cette inimitable ambiance qui régnait autrefois MAIS, si le serveur est de bonne humeur, j'aime bien grignoter du fromage avec un verre de vin après une séance de cinéma à l'Arvor.

Le bateau ivre, 28 rue de la Visitation
Le bar où j'allais tout le temps pendant les études de médecine, avec ses boîtes de sardines au mur et au plafond.

La vie enchantiée, 18 quai Emile Zola
En fait, je ne suis pas archi fan de cet endroit mais sur le chemin du retour du TNB, pour boire un verre de jus pomme-framboise en discutant du film, pourquoi pas (par contre les trucs à manger, bof).

Les p'tits papiers, 2 place Saint Germain
Sur l'une de mes places préférées qui sera un jour défigurée par une station de métro. Souvenir d'une discussion ancienne sur le fait que les crèmes brûlées de restaurant ne sont jamais maison après une pièce de théâtre avec Irène Jacob.

La cour des miracles, 18 rue de Penhoët
Ils ont surtout un rayon librairie ouvert tard la nuit (enfin, la terrasse n'est pas mal et assez congruente avec un kebab impérativement acheté au Royal Kebab après le cinéma. Je précise quand même que le Royal Kebab de la rue de la Motte Fablet est moins chouette que celui de l'avenue Janvier à côté du TNB)

Où dîner?
Bon, cette liste est un peu déprimante, j'avoue.

Le Tire-Bouchon, 2 rue du Chapitre
Que dire
d'autre?
Peut-être que la semaine dernière, c'est Marianne elle-même qui nous a apporté les assiettes de rôti de veau avec du jus en abondance, des pommes de terre sautées à la perfection et des échalotes confites assez démentes. Qu'après, elle est venue me demander si j'allais bien en posant sa main sur mon épaule et que justement, ce soir-là, j'étais un peu remuée par les changements qui se préparent. Et puis, trop bien, Marianne m'appelle maintenant par mon prénom!
La blanquette de veau, le jambon rôti à l'os et le bar grillé sont parmi mes plats préférés, je sais que certains habitués guettent de près l'apparition sur la carte du coq au vin.
Toujours demander une table côté comptoir, c'est bien plus vivant (ma préférée étant celle près de la fenêtre).
Je précise que certains desserts (la mousse au chocolat, la brioche perdue ou la tarte aux poires) sont vraiment exquis.

L'Arsouille, 17 rue Paul Bert
Chris fait tout lui-même, les saucisses de canard, le boudin au piment d'espelette, les caillettes, les rillettes, le jambon au bouillon, la terrine truffée au foie gras...
Les poissons sont savamment mais simplement traités, la cuisson toujours parfaite, nacrée.
Le pigeon de Paul Renault en deux cuissons laisse
un souvenir assez impérissable.
Les salades ne sont jamais ordinaires, les graines sont saupoudrées à bon escient. Bon, parfois, les desserts sont inégaux mais je garde quand même un souvenir ému de la crème au caramel géante, du millefeuille à la vanille absolument renversant et d'un biscuit roulé au chocolat blanc servi avec des fruits pochés.
Autrefois, le serveur s'appelait Jérôme, il était d'une gentillesse gourmande assez terrible et il me touchait beaucoup parce qu'il avait quelque chose d'un peu triste dans le regard malgré l'ambiance survoltée du restaurant. Quand j'appelais pour réserver, je n'avais pas besoin de préciser, il nous gardait toujours notre table préférée, près du comptoir. Je me souviens surtout d'un soir, après une pièce de Fassbinder, il y avait du coucou de Rennes avec du riz basmati et des figues blanches de Naples...

Le café des bricoles, 17 quai de la Prévalaye
Posé sur le bord du canal, la devanture ne laisse pas du tout présager l'atmosphère de ce café-restaurant d'habitués et de gens du quartier qui se retrouvent autour du comptoir patiné sur fond de banquettes en velours rouge et miroirs mouchetés.
La cuisine est simple (andouillette AAAAA et purée, magret aux fruits et gnocchi, entrecôte et frites maison...) mais rigoureusement exécutée, les cuissons sont au cordeau.
Les desserts laissent un peu sur leur faim, il nous est arrivé de préférer finir la soirée autour d'une crêpe...

Les pieds dans le plat, 43 rue de Dinan
Croiser la patronne à un concert à l'Antipode est plutôt bon signe. Je lui ai aussi demandé conseil pour des histoires de collage.
Aux beaux jours, déjeuner sous les arbres est très agréable, mais l'hiver la salle toute claire est super accueillante. Le jeudi soir, on peut y dîner et je me rappelle y avoir regardé la neige tomber sur l'église du Vieux Saint Etienne avec G.
La cuisine est simple, fraîche et soignée. J'avais adoré écouter la cuisinière m'expliquer les différentes façons de préparer une terrine de foie gras, la sienne étant vraiment délicieuse.

Dolma, un restaurant tibétain,
36 rue Saint Melaine
J'accepte de faire abstraction de l'accueil parfois un peu revêche pour les momo, les ravioli maison, dodus et savoureux. Les petites entrées (feuilletés épinard-fromage, galette farcie au boeuf...) sont très bonnes aussi et le bol de nouilles regorge de légumes bien frais. Le reste de la carte ne m'a jamais vraiment trop intéressée... A noter qu'ils font à emporter ce qui fait que si vous avez un film à l'Arvor qui finit à 21h30, vous pouvez les appeler et commander Une part de momo végétariens et une part de momo à la viande pour 21h40 s'il vous plaît.

Miam et caetera, 5 place de Bretagne
Alors à un moment, j'y allais tout le temps le midi, juste pour le plaisir de composer ma salade à partir de tous les ingrédients hyper alléchants que l'on a largement le temps le temps de contempler dans la file d'attente. J'ai aussi le souvenir de délicieux desserts...
Edit du 12 avril: comme je n'y étais pas allée depuis fort longtemps (à vrai dire depuis un déjeuner en terrasse avec S. après une soutenance de mémoire), je suis allée vérifier ce midi que c'était toujours aussi bien.
Le détail que j'avais oublié c'est qu'il y a toujours une foule très compacte dans cet endroit minuscule alors c'est assez bruyant si vous voulez déjeuner en amoureux et il y a un peu d'attente si jamais vous étiez pressés de prendre quelque chose à emporter lors d'une pause déjeuner un peu brève. Mais j'ai bien aimé patienter en contemplant le comptoir débordant de victuailles très appétissantes: poulet rôti, jambon à l'os, très beaux fromages (mimolette, chèvre cendré, parmesan, comté), coleslaw, carottes râpées au cumin, riz sauté aux fèves, salade de blé concassé aux poivrons marinés, salade de paccheri millerighe au thon, fromage blanc fermier et sirop d'agave, fondant au chocolat Valrhona, riz au lait de mamie et j'en oublie sûrement. Ils font de belles assiettes à emporter avec des couverts en bois et un généreux morceau de pain de seigle Cozic...


Un midi dans les vignes, 115 rue de Paris
Très bien si vous travaillez à l'hôpital psychiatrique et que vous voulez oublier le temps d'un déjeuner les difficultés de la matinée (j'y ai très souvent mangé lors du semestre de la rédaction de ma thèse...), c'est juste à côté, en face du parc Oberthur.
La carte est très courte et dépend directement du marché, la cuisinière s'attachant à cuisiner des produits le plus souvent biologiques en tout cas toujours de production locale. L'endroit avait ouvert depuis peu quand j'y allais, les saveurs étaient plaisantes mais quand même sur la retenue. Je trouvais simplement très agréable de venir manger un plat simple puis un dessert brut et minimaliste, le tout d'une fraîcheur irréprochable, dans un lieu calme. Le patron est caviste et je l'entendais régulièrement défendre ses bouteilles avec beaucoup de fougue.

Le mystère du
9, 9 rue Emile Souvestre
Autrefois, le couple qui tient désormais le 9 était à la tête de l'un de mes restaurants préférés, le Bocal. Il y avait des appliques Ingo Maurer au mur, des napperons roses, des fleurs suspendues et des petits plats ludiques et délicieux (une gratinée de volaille au cheddar très régressive, de la seiche poêlée au citron à la cuisson parfaite, des choses comme ça). C'était l'endroit parfait où dîner avant la séance de Marie-Antoinette! Et puis le couple est parti, le bocal a été repris par d'autres gens, le décor a changé, rien n'était plus pareil.
Plusieurs mois plus tard, le 9 a ouvert, dans une rue plus discrète. C'est probablement l'un des plus jolis restaurant de la ville: tables en bois brut, guirlandes lumineuses rares, homards et crabes lumineux, cache-pot plissé rose pâle sur les abat-jours, série de pots de fleurs au mur, collection de distributeurs Pez, étagères en bois dont les cases sont remplies d'objets chinés... La patronne a toujours des jolis habits et un gentil sourire mais la cuisine, brrrr, vraiment plus intéressante du tout. Il y a surtout un usage complètement déprimant du micro-ondes. Même le petit pot de crème au chocolat de Jean n'avait plus le même goût. Bizarre! Cependant, les desserts se défendent très très bien, j'aimerais ne pouvoir y aller que pour le Sunday, une coupe décadente où des éclats de granola recouvre la chantilly qui surmonte la glace à la vanille (oui, vous voyez, ce n'est pas non plus super élaboré) ou pour le pain perdu deluxe.


La question du restaurant japonais (toussotements gênés)
Avant, il y avait Mizuna, son thon cru au kochujan, son tofu aux agrumes, sa potée au bouillon léger, son poisson précisément grillé à la sauce ponzu, son cheesecake tout doux. Mais Miho, la cuisinière de Mizuna, rêvait d'autre chose. Je change systématiquement de trottoir quand je passe à côté du restaurant, ça me déprime un peu de voir ce que c'est devenu alors que j'ai tant de souvenirs de dîners mizunesques.
Bon, nous aurions pu nous redonner une chance au Fuji, si joli derrière l'église Saint Germain. Il fut un temps où j'adorais cet endroit, la gentillesse délicate du service, le poisson délicieux et fondant, les petites brochettes brûlantes, moelleuses et régressives comme des bonbons, les takoyaki ludiques et savoureux. Mais devant son succès croissant, le Fuji est devenu plus aléatoire. Service expéditif, saveurs approximatives et, un jour, avec P. et N., un déjeuner assez médiocre qui marqua une rupture définitive.
Conséquence de tout cela, plus un seul restaurant japonais fréquentable dans la ville (je vous épargne les récits peu glorieux de diverses tentatives) tandis que les enseignes de sushi à emporter se multiplient désespérément. Autant les faire soi-même, c'est meilleur et tellement plus satisfaisant.
J'ai refoulé toutes les déceptions du Fuji un jour où un craving de sushi s'est imposé à mon estomac coassant. J'ai commandé du bout des lèvres des niguiri à emporter et, vingt minutes plus tard, je soulevais le couvercle qui recouvrait le petit plateau en plastique. C'était très joli, des couleurs très douces, des poissons appétissants, un morceau d'anguille qui m'a tout de suite enthousiasmée aussi. C'était plutôt bon, très frais, très appliqué. Je ne sais pas si les conditions particulières de dégustation ont joué, il faudrait que je retourne vérifier! Si jamais vous vouliez dîner au Fuji, n'oubliez pas de réserver parce que c'est toujours complet, parfois plusieurs jours à l'avance le week end.
Sinon, vous pouvez profiter d'une virée à Saint Malo pour un repas à Tanpopo...


La question de la crêperie

Ki Ka Faim, 32 rue de la Visitation

Autrefois, au temps lointain du début des études de médecine, quand je portais des jeans, des marinières et des Converse roses, je ne rentrais plus trop chez mes parents le week end et j'aimais bien, avec E., aller à la Sarrasine. A l'époque, cette crêperie était tenue par un couple adorable qui nous offrait parfois un verre de poiré. Il y avait une galette délicieuse, la préférée de E., la jardinière, garnie d'une fondue de légumes frais avec plein d'herbes et du fromage doux et alangui. Et puis, la crêperie a changé de propriétaires et bien des années plus tard, quand j'y ai emmené G., nous avions été très déçus.
Alors, à la recherche d'une nouvelle crêperie de prédilection, nous avions jeté notre dévolu sur la crêperie du marché des Lices, juste en bas de l'appartement où j'ai habité pendant quelques années. J'aimais le feu de cheminée, les nappes à carreaux et les deux jeunes femmes qui tenaient l'endroit avec beaucoup de gentillesse et de bonne humeur. La crêpe au chocolat était vraiment chouette. Et puis là aussi, les jeunes femmes sont parties et ont été remplacées par des gens qui ont mis à la carte des crêpes au Kinder, le genre d'iniative qui me laisse vraiment perplexe.
Heureusement, après avoir surmonté quelques a priori absurdes sur le décor, nous avons développé une certaine addiction aux crêpes et galettes de Ki Ka Faim, toujours servies avec le sourire. Parfait pour une crêpe dessert post-cinéma (le crêpier étant toujours très intéressé par ce que nous sommes allés voir), j'ai alors un faible pour la crêpe banane-chocolat (la banane est poêlée et pas vulgairement en rondelles à cru) avec de la chantilly maison pour se consoler d'un mauvais film. Il y a beaucoup d'adeptes de leur crêpe aux pommes caramélisées et aussi celle au caramel au beurre salé parfumé au gingembre. Pour les galettes, même si les spécialités sophistiquées savent ne pas sombrer dans une extravagance vaine, j'ai quelques difficultés à choisir autre chose que ma sempiternelle poitrine fumée-tome de Savoie-oeuf sur le plat.
Je sais que tout le monde dit que la crêperie Saint Georges, rue du Chapitre, est trooop bonne mais j'avoue que je déteste l'ambiance bling-bling, que j'ai trouvé la cuisine aseptisée et que de toute façon, le fait de passer Jean Dujardin en boucle au-dessus du lavabo des toilettes suffit à me couper l'appétit.


La question du restaurant libanais
D'abord il y a La Source, 25 rue de la Chalotais, où dans une ambiance quasi lynchienne, vous serez accueillis par la voluptueuse propriétaire qui vous expliquera que tout, vraiment tout, est fait maison. Cela se ressentira particulièrement au moment du dessert puisque moi qui ne suis absolument pas férue des pâtisseries orientales, je trouve celles-ci complètement irrésistibles. Par ailleurs, les kebbe recouverts de labneh, les sfiha délicatement acidulés et les viandes super tendres car soigneusement marinées du Mixed Grill sont vraiment délicieux.
Ensuite, il y a Le Phoenicien, 22 rue de Saint Malo, qui s'appelait le Petit Phoenicien quand il tenait dans un mouchoir de poche tout près du cinéma. Gros avantage: ouvert le dimanche soir et tard dans la soirée. A ne pas négliger non plus: prix très raisonnables. Quand j'y suis allée cet hiver avec Léna, nous n'avons pas arrêté de nous extasier sur nos assiettes Baalbeck parce que chaque bouchée était une surprise, alternativement tiède, très fraîche, acidulée, toute douce, fondante, croustillante, de-ci de-là des grains de grenade, des viandes savamment grillées et épicées. Très bon, vraiment. Les desserts sont dispensables, surtout que vous n'avez plus très faim vu qu'on vous a servi des frites maison avec une petite sauce à l'ail en guise d'amuse-bouche décomplexé. Le truc, c'est qu'il vaut mieux être d'humeur guillerette quand vous décidez d'y aller parce que le patron est très avenant.
Enfin, une interne libanaise m'avait raconté que son père était tombé en pâmoison nostalgique en devorant un sandwich d'Al Saj, 5 rue de la Motte Fablet, et je les trouve aussi très bons.


La question du salon de thé
Je ne vais plus au Thé au fourneau parce que même le rich english cake ne vaut pas la peine d'être aussi mal accueilli. L'attente est parfois très longue sans aucune manifestation attentionnée de la serveuse et je ne suis même pas certaine que les pâtes à tarte soient très maison. Pffff, déception.
Nous avons tenté L'enchanté, au début de la rue Saint Melaine. Le chocolat est très moyen et l'ambiance, un peu kafkaïenne:

-est-ce que le carrot cake est glacé?

-non, il est servi à température ambiante. -non, je veux dire, est-ce qu'il y a un glaçage sur le dessus? -attendez, je vais me renseigner. [...]-oui, il est recouvert d'un glaçage. -bon ben, une part de carrot cake alors.

Il apparait dix minutes plus tard, sans glaçage.
-bah, vous aviez dit qu'il y avait un glaçage...?
-d'habitude oui mais là il sort du four donc c'était pas possible. Je précise que le tiramisù commandé à la place n'avait rien d'un tiramisù et était absolument inintéressant. Pas très loin de la maison, il y a Du Coq à l'âne, 16 rue Victor Hugo, un salon de thé-brocante. Si vous avez l'habitude des vide-greniers, les prix affichés sur les étiquettes des théières vert d'eau ou des bols en faïence sont un peu à mourir de rire. Ils servent des petits plats très simples mais très frais parfaits pour petits appétits en goguette. Vous allez me trouver obstinée mais là, pareil, j'ai très envie de carrot cake. J'avoue que le leur est absolument délicieux, très moelleux et léger, très frais sous le palais. Impossible de soutirer le secret de la recette au patron! Je trouvais l'endroit fréquentable jusqu'à ce que ce même patron traite d'une manière très impolie une amie qui s'y était réfugiée un jour de pluie battante. J'avais déjà remarqué que depuis qu'ils avaient davantage de succès, ils étaient moins prévenants mais là, vraiment, j'ai du mal à y retourner.L'aparté est un endroit que je vous conseille chaleureusement d'éviter sauf si vous aimez le thé infusé n'importe comment, les courgettes et les tomates en hiver, la pâte à tarte en rouleau et les lardons bien grassouillets sur la salade de pommes de terre. Alors il reste Apple pie, 31 rue de la Chalotais, ses pâtisseries anglaises rustiques et fort bonnes fabriquées avec de la farine produite par la famille de la patronne, des pommes de leur verger et quasiment que des produits locaux, biologiques ou équitables. Mais depuis que Loukoum°°° a donné la recette des scones parfaits, l'endroit me paraît moins indispensable...

Les jolies boutiques
Le 4SB, 7 rue Leperdit
La vitrine où j'aime poser mon visage entre mes mains dessinant un hublot quand on se promène la nuit pour examiner la couleur des nouvelles Repetto. Un endroit soigné, Liberty et Fornassetti, où trouver les manteaux Roseanna, les robes, sacs et chaussures Sessun, les jeans MIH, les tuniques Soeur et un cadeau pour votre petite cousine. Difficile de résister quand on a passé le pas de la porte...

Frimousse, 2 rue de Penhoët On dirait que c'est juste une boutique pour enfants chics mais il y a un chouette rayon Bonpoint pour les jeunes filles (rare instant où je ne regrette plus trop de ne pas être immense), des cardigans et tee shirts Swildens, des bijoux Aurélie Bidermann et des foulards en soie aux jolis motifs géométriques. Juste en face, à P'tite Bouille, 3 rue de Penhoët, vous trouverez dans une charmante ambiance désuète des bottines Gallucci ou de la marque française et soignée La botte Gardiane.



La maison du parfum, 2 rue Leperdit 
Comme je connais un peu Charlotte, la jeune femme à l'origine de cet endroit raffiné et très anglais, je peux vous dire qu'elle sélectionne ses produits avec une exigence de qualité et d'élégance assez pointue. Je sais aussi qu'elle a été très attentive à l'ambiance de la boutique, notamment dans le choix de la peinture et des objets qu'elle aime chiner le dimanche. Par ailleurs, elle connait très bien l'univers du parfum, tant son histoire et ses techniques, elle veille à proposer des fragrances différentes et soignées, pas celles aseptisées et tristes des grandes chaînes de parfumerie. Enfin, elle ne sera jamais avare de conseils et prendra le temps d'échanger avec vous. En plus, elle propose depuis peu des produits Aesop (les noms me mettent en joie genre la crème résurrection des mains...)

Héloïse, 6 rue de Bertrand Escarpins jaune citron, robes aux imprimés rares (complètement inabordables, certes), petites pochettes Tsumori Chisato, gants en cuir rose pâle, médaillon avec un petit palmier et toute la collection des bougies et parfums Diptyque délicieusement présentés dans un microscopique boudoir feutré. 

Même pas peur du loup, 49 rue Vasselot

Avant bien d'autres, Géraldine avait fait connaître à Rennes les jolis produits Polder et Petit Pan...
Sa boutique reste un refuge rassurant quand on a eu une journée un peu difficile et qu'on a envie d'un petit cadeau genre un livre Paumes ou un noren Madame Mo. J'ai vu récemment en vitrine des sacs Lili Cabas et les portes monnaies rennais de doute.

Géraldine illustre aussi malicieusement les faire-parts...

Les Simones, 1 rue Victor Hugo 
Je suis très jalouse du carrelage ancien dans l'entrée! Vous reconnaîtrez les fenêtres de la boutique depuis la rue grâce aux guirlandes fleuries qui les traversent. Aux côtés de petites ventes en série limitée (comme la vaisselle minimaliste de madame M.) une collection de vêtements créés par la jeune femme qui tient la boutique (bon, après, je ne sais pas bien pourquoi mais toutes leurs robes sont immenses même en 36), des beaux foulards, des petits bijoux, et des chaussettes Polder malheureusement uniquement en taille enfant...

Garance, 3 rue de Montfort 
La boutique indispensable pour repeindre vos murs puisqu'elle vous propose d'hésiter pendant des heures devant les belles couleurs de Little Greene et de Farrow and Ball. A un moment, il y avait une petite série de céramiques de chez Mud Australia mais Radoumi avait alors le dessus sur moi!

Plein les mirettes, 14 rue de Bertrand La boutique qui stimule constamment chez moi une certaine ambivalence mais qui propose notamment les mugs Orla Kiely, les renards de Donna Wilson (un petit air de Ash, le fils anti-héros de Fantastic Mr Fox), la vaisselle Ferm Living et des jolies cartes postales.

La belle histoire, 8 rue Saint Melaine

J'ai une amie qui trouverait que tout cela manque vraiment d'originalité mais je cède à la tentation d'aller admirer la vaisselle Tsé-Tsé, les fauteuils Acapulco et le joli linge de maison aux couleurs douces.

Yotsuya, 16 rue du Champ Jacquet J'aime beaucoup le monsieur japonais qui tient la boutique et plie avec malice des origami à son petit bureau. Jolies coupelles, assiettes délicates, baguettes et plateaux en bois, vases en raku, boîtes à bento, socques et kimono, et depuis peu, masking tape pour vous défouler sur vos enveloppes et dans vos agendas.

Où acheter du vin?

Chez Olivier, à Histoire de Vins, 47 rue Vasselot Fan d'Arcade Fire et de vins naturels! Parle de ses vins avec une verve délicate.

Au cellier Saint Germain, 3 rue du Vau Saint Germain Un bel endroit, pierres apparentes et boiseries, délicieux champagnes, je reste souvent en admiration devant les jolies bouteilles d'eau de vie et de cognac.

A la cave du sommelier, 24 rue Hoche ou 22 rue Vasselot Ils sont très gentils mais pas toujours très précis. Mais là aussi, la sélection de vins naturels est finement choisie.

Où acheter du fromage?

Chez Bordier, aux halles centrales Un bel étal, bien fourni et appétissant, l'occasion d'acheter une petite plaquette de beurre moulé sur le marbre devant vous à grands renforts de coups de palettes en bois. L'occasion aussi de repartir avec un sachet de madeleines et le vendredi, un petit pot de fontainebleau.

Chez Sébastien Balé, 26 rue de Nemours J'avais un peu arrêté d'y aller au moment où la boutique venait d'ouvrir et qu'il y avait toujours une file d'attente monumentale parce que je trouvais que l'affinage devenait approximatif mais après avoir goûté leur délicieux stilton à l'Arsouille, il était urgent d'aller vérifier si Sébastien s'était rattrapé depuis. Et ce fut le cas! Il y a aussi plein de fromages étranges et confidentiels avec des croûtes pour le moins intrigantes, du Montgomery Cheddar, de la Burrata qui arrive toutes les semaines et de la crème douce suisse à servir sur des meringues toutes blanches vendues dans des jolies boîtes.

A la fromagerie Saint Hélier, 19 rue Saint Hélier Calme, discret, et à la qualité constante.

Où acheter du pain?

A Cozic, ma boulangerie préférée, 10 rue Saint Hélier ou aux halles centrales Pain de seigle au parfum de gâteau, pain seigle-raisins avec plein de beaux raisins dodus et des flocons d'avoine sur le dessus, pain au petit épeautre tout doux, pain de mie parfait pour les sandwiches, pain T80 à la coupe avec une mie crémeuse et acidulée, Lodève à la mie blanche et souple, baarmbrack irlandais à la cannelle entêtante, brioche feuilletée délicieuse avec un chocolat chaud, pain bigouden rustique et enfantin à la fois, baguette de sarrasin assez démente avec du chèvre frais... Que dire de plus? Ah si, la vendeuse des Halles est vraiment adorable et la tarte aux pommes toute simple au rapadura est absolument réconfortante à grignoter le samedi après-midi en amoureux en traînant de librairie en librairie.


Aux gourmandises de Grégoire, 111 rue de Paris
Je n'y vais plus du tout depuis que je ne travaille plus à l'hôpital mais avant, je m'y arrêtais régulièrement pour prendre un pavé du sillon ou une baguette gourmande (une baguette avec une croûte fine, croustillante sans excès et surtout une mie serrée et douce). Le dimanche, en sortant de garde, il y avait la récompense de leur grande brioche ou d'un croissant pas mal pas mal.

A la boulangerie du coin, 15 rue Pierre Lebelle
Super loin du centre mais ils sont au marché du mercredi place Saint Germain.
Boule au levain qui se défend bien, croissants et pains au chocolat délicieux.
La révélation, c'est qu'ils font surtout une galette des rois assez inoubliable (je dis ça parce que quelqu'un en avait apporté au travail et que j'avais un peu rechigné intérieurement à en manger -je ne suis pas vraiment adepte de la galette, sauf des couronnes dont j'ai appris récemment qu'elles pouvaient décorer de façon parfaitement originale, ludique et peu coûteuse, les carrelages de salles de bain. Sauf qu'en goûtant la première bouchée tiède d'une galette poire-chocolat-frangipane, j'ai faillit m'évanouir de bonheur. Bon, après je me suis aperçue que j'en avais demandé une mini part et je n'ai pas du tout osé me resservir...)

Pour les jours de désespoir (=le dimanche), vous pouvez être sauvés par le pavé Campaillette de l'artisan du pain, au 27 rue Nantaise, en sachant que malgré les apparences, leurs pains au chocolat sont aussi délicieux. Promettez-moi juste de ne jamais faire la queue chez Augustin...


Où acheter une bonne pizza?
A l'Italie gourmande, 26 rue de Nemours, et nulle part ailleurs!
Un endroit où ils ont parfaitement compris mes deux impératifs pour une pizza: une pâte fine et pas de garniture trop variée ni trop abondante (mon amie P. vous dirait que sinon,
c'est une montagne, plus une pizza). La sauce tomate est parfaitement équilibrée et le fromage tout moelleux. Peu de variétés proposées mais ce n'est pas très grave parce que nous sommes assez ritualisés au niveau pizza, ce qui fait que lorsque j'appelle et que je dis juste Bonjour, je voudrais commander deux pizza à emporter, la patronne répond Une moyenne Etna et une petite jambon-fromage?
Ils proposent aussi les Pavesini indispensables du tiramisù, du taleggio, de la mozzarella fumée et de la burrata, des charcuteries délicieuses (j'ai un grand faible pour le rostello et la mortadelle en tranches extra-fines), de la pancetta de compétition pour les spaghetti alla carbonara, des petits babas au limoncello, les jolis pots de cerises amarena, un large choix de pâtes de Cecco, de l'huile d'olive et du pesto triés sur le volet.

Où acheter du chocolat?
Chez Durand, dans un superbe immeuble à cariatides, 5 quai Chateaubriand
Les carrés à la ganache parfumée à la vanille de Madagascar, celle à l'orange, celle au praliné feuilleté et celle au thé Earl Grey sont mes préférées. En saison, le fraisier est délicieux. Le cake au rhum et au chocolat est addictif. La pâte à tartiner chocolat-framboise est parfaite pour garnir des
butterballs et Loukoum°°° a su trouver un parfait usage des biscuits aux épices.

Chez Bouvier, 3 rue Toullier
Je traverse actuellement une période d'addiction avancée pour leur tablette Feuilla, une invention démoniaque où le chocolat à 70% renferme un praliné à l'amande feuilleté. Très difficile de s'arrêter quand vous avez commencé. Délicieux avec une tasse de genmaïcha.
Leur tablette au citron et celle au coco torréfié sont également hautement recommandées.

Où acheter du VRAI yaourt grec bien épais, des feuilletés à la feta et aux herbes délicats et de la moussaka généreuse?
A Olympe, le traiteur grec des halles centrales.
Le couple qui tient cette minuscule échoppe est adorable, ils font un grand pain au yaourt farci aux légumes, à la saucisse et à la feta à déguster tiède absolument succulent. Les petits biscuits maison au chocolat et à la noix de coco sont très bons également.

Où acheter du pâté en croûte, du boudin noir maison, des saucisses d'anthologie, des pâtés de haute voltige et des saucisses de Francfort sans ingrédients douteux?
Chez Beucher, la charcuterie indispensable des halles centrales.
Je ne vous raconte pas le regard indigné de la charcutière quand j'ai osé demander si les saucisses de Francfort étaient maison... Nous faisons absolument tout nous-mêmes, y compris la croûte des pâtés! Ah!
J'adore le papier d'emballage qui recense tous les prix récoltés dans divers concours de charcutiers, un métier que les Beucher pratiquent depuis quatre générations...
Encore intimidée par
les alléchantes recettes de Sonia Ezgulian (on m'a pourtant certifié que ce n'était pas si compliqué lors d'une conversation à bâtons rompus sur le saindoux un soir d'hiver dans le quatorzième arrondissement), j'ai timidement demandé une tranche de leur pâté en croûte, mise en appétit par le livre érudit, facétieux et terriblement bien écrit d'Emmanuel Giraud où la fantaisie rigoureuse des recettes (je recommande celle des quarante neuf petits pâtés de la mémoire d'après Tiziano de Bassano) fréquente les mystères de l'histoire.
Celui de la maison Beucher m'a paru de bonne composition mais je n'ai pas de point de comparaison... Je vais étudier de près cette histoire de saindoux!


La question reste: où trouver un bon coiffeur? Parce que la dernière fois, une coiffeuse vraiment très mauvaise m'a coupé DIX cm de cheveux à la place de DEUX cm comme je le lui avais demandé et cet épisode fut suivi de dix litres de larmes...

En attendant le prochain billet, je vous conseille de vous procurer Le fleuve de Renoir qui vient de ressortir en DVD en version restaurée, un film qui a beaucoup inspiré Wes Anderson pour la scène de la noyade dans The Darjeeling Limited. D'ailleurs, avez-vous vu
la bande annonce de son prochain film, Moonrise Kingdom? Il donne très envie de réécouter des disques de Françoise Hardy!

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