mardi 8 février 2011

Ton regard bleu pâle* (son sauté de porc au gingembre)

Il portait un cardigan moutarde et vert sapin.
Il avait cuisiné l'un de mes plats préférés.

C'était dimanche soir et il voulait fêter nos retrouvailles.
Je venais de passer deux jours à Paris, en bonne compagnie.
Dans le train du retour, j'avais un peu soif. Je contemplais les lumières des villes traversées trembloter en vitesse, j'ai remonté le col de ma veste.
Ma voisine a versé une vinaigrette huileuse sur sa salade défraîchie (j'ai un petit problème avec les salades de maïs), je me suis cachée derrière mon roman.
J'ai aimé les sandwiches suédois au pain maison et le cake citron-basilic, par contre les fausses mamies qui font des cakes salés tout secs et des tartes au flan me laissent de marbre (pour ne pas dire: m'énervent un peu).
J'ai aimé aussi la pâle lumière du soir sur les Tuileries, une sorte de surprise en sortant du métro.
J'ai aimé ses histoires, son écoute silencieuse.
Il y a eu un dîner charmant avec une fille qui portait un gilet violet avec des petits parapluies et une autre, qui avait un nouveau sac, et un super sourire. Les udon aux tempura fumants allaient plutôt bien avec le verre de Pouilly fumé. Conversation animée (aimez-vous revoir des camarades de collège? est-il possible de revenir du Japon sans un excédent conséquent de bagages? lisez-vous encore des magazines de cuisine? aimez-vous travailler la nuit? elle est comment cette Annie Bertin?).
J'ai croisé deux silhouettes parfaites. Au Café suédois, où nous avons monopolisé une table tout l'après-midi (parce c'est définitivement un endroit de prédilection pour les longues discussions), il y avait une Japonaise qui portait une veste courte, un peu épaisse, à fins carreaux sur un pantalon ample, bouffant, un peu court, bleu et rouge, et des chaussettes hautes bleu marine à pois blancs dans des petites ballerines grenat discrètement ouvertes au bout. A Beaubourg, en attendant P. dans le grand hall, je ne peux pas ne pas remarquer une fille très mince, à la chevelure hitchcockienne, portant un manteau droit, des ballerines noires vernies et un sac des années trente.
Evidemment, je me demande ce qu'elle va cuisiner avec la poudre d'anchois et le gochujan achetés au K-Mart juste avant de reprendre le train...
G., pour sa part, pour diverses raisons, avait bien compris qu'un dîner de circonstance devait être régressif et réconfortant. Il y avait d'abord quelques mini-parts de pizza en veillant à ne pas se brûler les lèvres puis un sauté de porc au gingembre, comme celui que faisait ma maman, celui que j'aime tellement que je peux en manger au goûter (ce que je préfère à cette heure-là, c'est un bol de sauté brûlant avec du riz froid. Trop bizarre. Trop délicieux, par je ne sais quelle alchimie). C'était un des classiques que je retrouvais dans les boîtes qu'elle préparait le dimanche pour me nourrir la semaine l'année du concours de première année de médecine. Sans doute mon classique préféré quand j'y repense!
G. n'a pas téléphoné à ma maman pour avoir la recette, il a ouvert le livre de Sala Baï et s'en est inspiré. La recette de ma maman est encore plus simple, c'est presque déroutant. La seule tâche fastidieuse consiste à émincer le gingembre en fine julienne mais, et cela reste un mystère pour moi, elle était toujours dévolue à mon père (comme cela revenait à mon grand-père pour ma grand-mère. Ca doit être un truc pour les garçons obsessionnels).
Elle fait revenir le gingembre dans une huile neutre, sans cesser de remuer. Quand il commence à accrocher à peine, elle verse dans le wok du porc finement émincé. Elle remue bien et là, à l'aveugle, elle assaisonne: sucre de palme, sauce soja, sauce nuoc-mam, puis elle couvre et laisse mijoter à feu doux. Avant de servir, plusieurs tours de moulin à poivre (du Cambodge, pour rester dans le ton).
On ne dirait pas comme ça, mais c'est absolument dément, adjectif qui s'applique aussi au sauté de G., enrichi d'oignons caramélisés, parfaitement parfumé et plein de jus pour mouiller le riz. Avec en plus, le goût de ses sentiments. A vrai dire, je lui ai déjà demandé d'en refaire.
Pour le dessert, j'avais promis une surprise, en direct de sa pâtisserie parisienne préférée. Ce soir-là, il y avait Momo, l'éclair chocolat-passion, délicat, suave et acidulé, en compagnie d'un baobab dont cette fameuse fille au nouveau sac avait déjà tout dit. C'était, comment dire...? Trop vite dévoré.

*une chanson que nous aimons bien et que j'ai entendue hier soir, absolument pas hasard, dans l'une des supers émissions de Laure Adler et dont la diffusion inattendue a transcendé mon assiette de moussaka (à la courgette...) avalée avec circonspection pendant une garde.

Libellés : ,

38 Comments:

Anonymous Grand Chef said...

Oh ça doit être bon (de l'autre côté du miroir, visage effondré).
La chanson n'est pas visible depuis mon pays; c'est quoi, en fait?
Bah sinon bonne soirée.

8 février 2011 19:13  
Anonymous fratnat said...

et dire que je travaille à Beaubourg et ne prend jamais une 1/2 sur mon trajet retour pour aller acheter une de ces pâtisseries délicieuses...

8 février 2011 20:33  
Blogger avis said...

patoumi, je trouve magnifique ta phrase : "Avec en plus, le goût de ses sentiments.". c'est beau et tellement bien dit.
miam le sauté de porc au gingembre ^^
bises
manuela

8 février 2011 22:18  
Anonymous P. said...

J'ai beaucoup aimé le tourbillon des gens autour de notre table, ceux qui allaient et venaient pour chercher une part de gâteau, ceux qui arrivaient puis partaient alors que nous restions là au milieu, ceux qui campaient debout à côté de nous comme pour nous faire partir.. et nous imperturbables, les remarquant à peine tant c'était chouette de discuter ensemble...

8 février 2011 22:55  
Anonymous patoumi said...

GC: on n'a pas le droit d'écouter le Velvet en Allemagne?

Fratnat: juste en face de Pain de Sucre, il y a les Cahiers de Colette, une chouette librairie tenue par Colette, donc, et Thomas (mais c'était fermé quand on est passé devant). Une autre halte avant/après Pain de Sucre!

Avis: j'ai trouvé ça adorable qu'il dise "Je voulais quelque chose de pas compliqué mais que tu aimes vraiment"

P.: bah comme on nous avait déjà pris la dernière part du gâteau glacé, on allait quand même pas laisser nos places^^. C'était chouette, j'espère qu'on le refera!

9 février 2011 00:11  
Blogger Cléo said...

Je suis d'accord avec la tâche de détaillage en menus morceaux, échue aux garçons obsessionnels! De mon point de vue, ces garçons sont les meilleurs, ne jamais se fier à ceux qui hâchent à la va vite. Papi s'occupait des pommes (en micro-dés) et il était très cool. Hihi.

9 février 2011 00:34  
Blogger Patrick CdM said...

J'adore aussi le sourire de la fille au sac, trop contente de te voir et du coup quelques regrets pour moi!

Pour le reste, l’explication est beaucoup plus prosaïque, l'homme est couteau et la femme cuiller, cela depuis la préhistoire la plus obscure.

9 février 2011 04:54  
Blogger Gracianne said...

Pat, c'est du sexisme :) Ou alors j'ai un cote masculin. Et sinon, on est d'accord, la fille au sac a un beau sourire.

Patoumi, le Velvet, c'est sur, ca transcende la moussaka. Disons que tu en oublies de manger, non?

Ets-ce qu'on pourrait avoir les proportions du porc au gingembre d'apres G? Parce que je vois tout a fait ce que ca donne, j;aimerais trop y gouter.

9 février 2011 12:39  
Anonymous patoumi said...

Cléo: yes, un obsessionnel ça peut être très cool (surtout quand ils osent les couleurs. Bref.)

Pat (comme moi parfois!): peut-être que tu aurais été étourdi par ce jacassement féminin au-dessus des bols de udon! Cette E. est décidément formidable (en plus, elle a mangé et bu les mêmes trucs que moi, ça m'a donné l'impression d'avoir bon goût!) J'espère qu'on se verra aussi un jour!
Sinon, quand j'étais en CM1, j'avais écrit une rédac à l'école où une mère de famille découpait un rôti pour le déjeuner dominical et l'instit me dit "N'importe quoi. C'est quoi cette famille? Dans les bons foyers français, c'est l'homme qui coupe les rôtis!"
Véridique.

Gracianne: j'avoue que j'en ai effectivement arrêté de manger. Bon, pour la recette, il faudrait vraiment qu'il en refasse (hé hé, je lui dirai que c'est pour la bonne cause) et que j'observe. Il faut en tout cas beaucoup de gingembre émincé...

9 février 2011 18:20  
Blogger Noé said...

J'en souris d'avoir flâné dans le jardin des tuileries samedi pour voir la belle expo photo de Kertész, et d'avoir brunché au café suédois dimanche en très bonne compagnie aussi! C'était une première et je me dit que l'été ça doit être formidable aussi!

9 février 2011 20:03  
Anonymous Camille said...

c'est drôle ces titres en forme de visages.

J'avais hésité, pour Mondrian, ça t'a plu ?

10 février 2011 04:26  
Blogger Julia* said...

Beaubourg, Pain de Sucre, le Café Suédois... je frémis à l'évocation de tous ces lieux parisiens qui me sont si familiers et dont je me sens maintenant étrangement loin. Merci Patoumi pour ce délicieux instant de lecture et pour ton dernier message auquel je n'avais pas répondu... Je serais ravie de te croiser en Bretagne lorsque l'occasion se présentera !

10 février 2011 09:53  
Anonymous Marjane said...

Est ce que cette mamie officie dans le 6ème? Si c'est elle je n'ai jamais goûté les tartes salées un peu chères, le thé pas assez infusé mais le carrot cake est vraiment très bon! Pour de délicieuses tartes salées on m'a invité chez Queen Ann il y a peu dans cette rue improbable derrière Beaubourg, avec cette déco improbable, j'ai mangé une tarte chèvre-tomates séchées-pain d'épices avec une salade accompagnée d'une vinaigrette au miel...ahhh un délice.
J'aime la façon dont est détaillé la recette mais cette phrase "Avec en plus, le goût de ses sentiments"... C'est juste terriblement touchant et digne d'un écrivain.
Je ne peux qu'être d'accord Pain de Sucre c'est la meilleure et pis c'est tout!

10 février 2011 16:04  
Anonymous patoumi said...

Noé: vu le temps qu'on a passé au Café Suédois, je me dis qu'on s'est forcément croisé! Tu étais à quelle table?

Camille: drôle, tu veux dire "marrant"? ou "bizarre"? Je n'avais même pas remarqué... Peut-être que cela a un rapport insconscient avec la photo? Bref.
J'ai aimé surtout les photos de la maison de Mondrian et les plans façon architec(x)ture.

Julia*: je me disais que tu étais trop occupée pour répondre Julia, et je comprenais tout à fait! J'espère, oui, qu'il y aura une rencontre bretonne!

Marjane: mais oui, mamie habite le sixième! C'est vrai qu'elle a l'air meilleure en sucré qu'en salé (on a partagé une tarte tatin pas mal) mais j'avoue que le côté fausse brocante me gêne un peu. Peut-être que ça a un lien avec le fait que je déteste Amélie Poulain?
Comme tu aimes bien Pain de Sucre, je note précieusement le conseil de Queen Ann! Merci beaucoup! (pour tout)

10 février 2011 16:11  
Anonymous Camille said...

entre marrant et bizarre - disons, remarquable. (par contre, je trouve marrant que tu ne l'aies pas remarqué) (plus exactement, j'imaginais que c'était un puzzle, j'aimais bien l'idée).

10 février 2011 22:47  
Anonymous patoumi said...

Camille: j'espère que tu aimes encore l'idée (mais forcément non, puisque ce n'en était pas une) (les choses ne sont en fait absolument pas calculées)

10 février 2011 22:55  
Anonymous Camille said...

j'attends le prochain titre :)

10 février 2011 23:11  
Anonymous patoumi said...

Camille: j'espère te surprendre :)

10 février 2011 23:32  
Blogger Noé said...

Une table au fond à gauche du bar où s'affairaient les gentilles pâtissières suédoises! Nous sommes arrivés à l'ouverture, mais je n'ai aucune idée de l'heure à laquelle nous sommes repartis! Moi j'avoue que je n'ai pas tellement regardé les tables autour de moi, ni même les gens, ah si ces jeunes parents avec leur bambin qui buvait du jus d'airelles, et cette dame qui m'a lancé un regard sévère quand j'ai ri trop fort.

11 février 2011 08:53  
Blogger Ester said...

(rouge) (pivoine) (écarlate)
:-)
Comme tes chaussures ce soir-là ! Et ta joie communicative, Jacqueline...

11 février 2011 14:16  
Blogger Julia said...

"mais à chaque fois une salade de maïs...d'accord elle a son cours de danse contemporaine jusqu'à 19h mais à chaque fois"
Merci patoumi pour ces jolis mots, j'ai commencé à vous lire sur l'alibi puis je vous ai suivie ici, sans jamais commenter vos jolies histoires mais à l'évocation de la salade de maïs je ne puis résister.
Pour moi vous lire c'est lire un peu de V. et de son père à la fois, la féminité et la gourmandise en plus.

11 février 2011 14:30  
Anonymous patoumi said...

Noé: ce qui est sûr c'est que la dame au regard sévère, c'est pas moi^^ Hmmmm, je me rends compte qu'à part cette Japonaise et un type trop relou qui faisait tout le temps tomber sa veste de jogging doré (?) aux pieds de ma chaise, je n'ai pas fait attention non plus, absorbée par la conversation avec P.!

Ester: (j'ai été TRES émue par ton accolade) (voilà, c'est dit)

Julia: youpi, quelqu'un a compris pour la salade de maïs! Je suis TROP contente, merci d'avoir pris le temps de laisser un commentaire! Rhhhaaaaa, trop chouette!

11 février 2011 21:34  
Anonymous Caroline said...

Patoumi, désolée de n'avoir pas encore répondu à vos questions sur le thé et vos indications sur le passge à l'acte...Mais le travail est passé par là et surtout, je suis absorbée par la lecture de Sylvia Plath-par votre faute. A bientôt donc, longue vie aux coquelicots.
Caroline

12 février 2011 11:55  
Blogger Noé said...

Maintenant je regrette de ne pas avoir vu la veste dorée du type relou!!!

12 février 2011 12:22  
Anonymous patoumi said...

Caroline: et moi qui ne vous ai pas encore écrit une vraie lettre! On se demande qui devrait s'excuser!En plus, mes radotages sur le passage à l'acte ne doivent pas être super motivants... Mais je suis trop contente pour Sylvia Plath!

Noé: elle tombait systématiquement sous ma chaise...!

13 février 2011 23:48  
Anonymous Hélène said...

Vive le porc au gingembre en amoureux, on a mangé ça hier soir, et c'était vraiment mieux que d'aller au resto! Avec les menus hors de prix et imposés de la St Valentin en moins!
Merci pour la recette, je me suis débrouillée pour les quantités et c'était très bon!
Bisous

15 février 2011 09:13  
Blogger patoumi said...

Hélène: wahou, je suis honorée! *trop contente*
J'en ai refais la semaine dernière et a priori, j'ai mis: deux côtes de cochon dans l'échine en petits morceaux, trois gros pouces de gingembre en julienne, le quart d'un gros oignon, deux grandes CS de nuoc mam, deux grandes CS de sauce soja et une barette entière de sucre de canne (je n'avais plus de sucre de palme). Tu te souviens de ce que tu as mis?

17 février 2011 00:10  
Anonymous Hélène said...

Hihi j'en refais ce soir! J'avais un peu fait à l'urlure aussi, c'est toujours meilleur les inventions, non? (sauf ma mère une fois qui avait inventé une salade avec entre autre des haricots verts, des moules et du pamplemousse, cette théorie du tout est bon mais ensemble c'est juste immonde s'est vérifié :X)
Heu donc j'avais mis 400g de sauté de porc, coupé en tout petit morceaux de la taille d'une bouchée, peut-être 4 cm de gingembre coupé en tous petits morceaux aussi, 2 gousses d'ail, 1 oignon (ou 2 échalotes je ne sais plus!) 2 cuillers à soupe de sauce soja (une normale et une sans sel), 1/2l de bouillon de légumes, un peu de piment d'espelette, une cuiller à café de sucre blond de canne, j'avais juste fait un peu suer l'ail, l'oignon et le gingembre au début et après j'ai ajouté tout le reste et j'ai laissé mijoter 1/2h environ, juste à la fin j'ai monté un peu le feu pour que ça réduise mais pas trop pour qu'il y ait "plein de jus pour mouiller le riz" :-)
Huuummm mon amoureux (qui n'épluche pas le gingembre, ce n'est pas un garçon obsessionnel...) a trouvé ça très bon, juste qu'il n'aurait pas fallu mettre plus de gingembre sinon ç'aurait été trop!
Par contre il fait les meilleures patates sautées du monde :-)

21 février 2011 16:46  
Anonymous Hélène said...

ah ben non pas ce soir finalement! on va manger un plat typique picard, le caqhuse (ou caguse) une espèce de blanquette de cochon, avec des oignons et des frites maison!
j'ai la recette si tu veux..!

21 février 2011 19:31  
Anonymous patoumi said...

Hélène: wouah!
J'avais jamais entendu parler de la caguse, ça a l'air très bon! J'avoue que ça fait un siècle que je n'ai pas mangé de frites maison... Je veux bien la recette de la caguse!
Et je veux bien aussi, si tu es d'accord, que tu m'envoies une photo du porc au gingembre Hélène style! On pourrait la mettre sur le blog! Mais bon, de toute façon, je vais essayer bientôt ta façon de faire^^ Merci Hélène!

21 février 2011 21:10  
Anonymous jeuxier said...

Cette recette de la caguse est une vrai merveille. Si seulement y'avait pas autant de cholestérol dans les frites.

5 septembre 2011 16:16  
Anonymous Condo said...

cela a l'aire très délicieux, j'en meure d'envie

28 octobre 2011 21:30  
Anonymous casino said...

pardon, mais c'est quoi "POPPIES"

2 novembre 2011 01:23  
Anonymous casino en ligne said...

tu es à coté de la plaque mon ami

25 décembre 2011 22:53  
Anonymous gagner a la roulette said...

Merci d'avoir partagé cela avec nous !

31 janvier 2012 17:19  
Anonymous casino en ligne said...

Il vaut mieux rester à l’écart des plus petits casinos lesquels sont moins susceptibles d’adhérer aux normes des casinos en ligne.

25 février 2012 18:59  
Anonymous casino jeux roulette said...

La roulette en ligne, c’est un jeu de casino très populaire et très facile à jouer.

28 février 2012 20:03  
Blogger Advance Watch said...

cool

20 juin 2012 17:51  

Enregistrer un commentaire

<< Home